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Fonction publique : ce matin devant la préfecture, la colère monte, les visages parlent (Vidéos-Photos)

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Ce mardi matin, 9h à peine passée, déjà une trentaine de personnes devant la préfecture de Saint-Denis. L’intersyndicale FSU, CGT, Solidaires, UNSA et CFE-CGC a lancé l’appel, les pancartes sont là, les voix aussi. Notre reporter Karoline Chérie est sur le terrain : micro tendu, caméras prêtes, pour recueillir leur parole.

« J’ai envie de continuer à travailler… mais pas à n’importe quel prix », lâche Toolsy Jeanne, éducatrice spécialisée à l’aide sociale à l’enfance. Son visage est calme, sa voix tremble un peu. La fatigue ? Le ras-le-bol ? Un peu des deux.

« Le burn-out, c’est une réalité dans notre service. Et quand on craque, au lieu de nous soigner, on nous pénalise ».

Elle évoque les jours de carence, les postes non remplacés, la surcharge, les salaires qui stagnent. Et surtout, l’impression de ne plus pouvoir faire son travail comme il faudrait :

« On est face à un public fragile, et nous, on est à bout. Sans renforts, on bâcle, on subit, et les conséquences sont graves ».

Monteil Christian prend le micro avec la rigueur des chiffres en bandoulière. Le gel du point d’indice ? Il le démonte en deux phrases :

« En 2011, il était à 51 €, aujourd’hui 59 €. S’il avait suivi l’inflation, il serait à 77 €. »

Soit une perte de pouvoir d’achat de 18 € par point, énorme pour celles et ceux dont la rémunération repose dessus.

Et ce n’est pas tout : jour de carence en arrêt maladie, fin de certaines primes indexées, coupures budgétaires à venir… Il dresse le tableau noir d’un service public sous tension. Il n’oublie pas la Réunion :

« À La Réunion, un adulte sur six est en situation d’illettrisme. Et on leur impose de tout faire en ligne ? », questionne-t-il.

Une déconnexion complète avec le terrain, qu’il dénonce dans une pétition nationale contre la perte de jours de carence, déjà signée par près de 100 000 agents.

Florent Cormary représente Solidaires Finances Publiques. Pour lui, ce rassemblement est avant tout symbolique, en écho à la mobilisation nationale. Il rappelle les attaques contre la fonction publique :

« Suppression de la prime de pouvoir d’achat, baisse du remboursement des arrêts maladie, gel des salaires… ».

Son objectif : ne pas laisser faire dans le silence, poser les mots, redonner de la visibilité à une profession malmenée. Même si la mobilisation ici est plus modeste qu’en métropole – période de vacances oblige – la détermination est là.

« Revalorisation, égalité, respect » : les revendications au cœur du rassemblement

Derrière chaque syndicaliste rencontré ce matin, des centaines d’agents, souvent invisibles. Ce qu’ils demandent :

  • Une revalorisation salariale pour tous les agents publics

  • La suppression de la baisse de rémunération en cas d’arrêt maladie

  • Une réforme des grilles indiciaires à la hauteur des qualifications

  • Une véritable égalité professionnelle entre femmes et hommes

 

2 Commentaires

    • Oui, effectivement ou di rien d’intelligent.

      Pourquoi ? Parce que ce qu’on retirera aux fonctionnaires ne te donnera rien de plus sur ton salaire (en supposant que tu sois salarié du privé et en bas de l’échelle !).

      Exemple : les gouvernements ont cessé d’embaucher à La Poste des fonctionnaires pour n’embaucher que des CDI – grosse économie de plusieurs centaines de millions d’euros par an pour la Poste – Les délais d’acheminement du courrier ont ils été raccourcis ou au moins maintenus ? Non, ils ont été augmenté et en plus la Poste augmente ses tarifs postaux de 10 % chaque année. Gain pour les usagers ? Une perte sèche plutôt ! De plus la Poste a fermé aussi des dizaines d’agences de proximité dans les Hauts par exemple pour ce qui concerne la Réunion ce qui lèse les plus défavorisés (ceux qui n’ont pas de voitures pour se rendre à plusieurs kilomètres de leur domicile pour trouver un bureau de poste ouvert).

      Désigner les fonctionnaires ou d’autres boucs émissaires du même genre (les chômeurs,, les allocataires du RSA) a toujours été une méthode classique du patronat et du gouvernement pour monter les travailleurs les uns contre les autres. Ceux qui rentrent tête baissée dans ce jeu en sont pour leurs frais, c’est le cas de le dire !

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