Embouteillage historique du 2 août 1975 sur la Nationale 7 : le « bouchon du siècle » faisait des centaines de morts (vidéo)

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Le 2 août 1975, la Nationale 7, véritable artère des départs en vacances depuis Paris vers le sud de la France, a connu plus de 600 km de bouchons, provoquant un embouteillage sans précédent qualifié de « bouchon du siècle »  .

Ce jour-là, dans le cadre du traditionnel chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens, des dizaines de milliers de vacanciers se sont retrouvés bloqués sur la RN 7 et la RN 10, faute d’infrastructures autoroutières suffisantes et en plein pic de chaleur. Le trafic extrêmement dense a entraîné des retards monumentaux et, en raison des conditions de canicule, 145 personnes ont perdu la vie, victimes d’accidents ou d’insolation au fil des heures passées dans leur véhicule encombré.

Cet événement a profondément marqué les esprits et conduit à des réformes majeures : en réponse, l’État a créé le Centre national d’information routière, plus connu aujourd’hui sous le nom de Bison Futé, chargé de fournir des prévisions de trafic aux automobilistes pour éviter de tels désastres.

Naissance de Bison Futé

Le chaos routier du 2 août 1975 a révélé la fragilité du réseau routier français face aux grandes migrations estivales. À l’époque, les autoroutes étaient encore peu développées, et la Nationale 7, surnommée « la route des vacances », absorbait une part majeure du trafic entre le nord et le sud du pays. Les infrastructures n’étaient pas dimensionnées pour faire face à un tel afflux, d’autant plus que les départs en vacances restaient concentrés sur les mêmes jours, le samedi notamment.

Face à ce constat, le gouvernement de l’époque a lancé une série de mesures structurantes, dont la plus emblématique fut la création, en 1976, du Centre national d’information routière (CNIR) et de Bison Futé, un service chargé d’informer les automobilistes en temps réel sur l’état du trafic. Le personnage de Bison Futé, reconnaissable à sa silhouette amérindienne stylisée, est devenu une figure familière des départs en vacances. Il est notamment connu pour ses cartes de prévision de circulation classées par couleurs (vert, orange, rouge et noir), incitant les usagers à adapter leur horaire de départ.

Développement autoroutier et technologies modernes

En parallèle, la France a investi massivement dans le développement de son réseau autoroutier durant les décennies suivantes. L’objectif était de délester les routes nationales comme la RN7 en offrant des axes à grande capacité, plus sûrs et mieux équipés. Des portions critiques du réseau ont été élargies, modernisées, et de nouveaux axes ont vu le jour, facilitant la circulation vers les zones touristiques.

Plus récemment, les technologies numériques ont pris le relais : applications GPS, capteurs de trafic, panneaux à messages variables, radios routières, et services d’alerte permettent aujourd’hui aux automobilistes de mieux planifier leur trajet. Des mesures comme le lissage des départs (grâce aux congés décalés ou au télétravail) ont également permis d’atténuer les pics de circulation.

Aujourd’hui encore, le souvenir du 2 août 1975 reste un symbole de l’importance cruciale d’une gestion anticipée et technologique des grands déplacements. Grâce à cette crise, la France a progressivement mis en place une politique de mobilité plus prévisible, adaptée à l’ampleur du trafic estival.

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