Trente-deux morts lors d’un anniversaire à Ambohimalaza, le 14 juin dernier, et toujours autant de questions. Lors d’une émission télévisée, le président de la République malgache a tranché : il s’agirait d’un empoisonnement volontaire à base de datura et de belladone, deux plantes toxiques présentes sur le territoire. Une affaire sordide de vengeance familiale, selon ses mots, qui aurait donc viré au massacre collectif.
Mais cette révélation, au lieu de clore le débat, ouvre une série d’interrogations troublantes. Trois femmes sont actuellement placées en détention provisoire, dont l’une aurait avoué être l’auteure des faits. « Je me fiche des conséquences, ma vengeance est accomplie », aurait-elle déclaré. Une déclaration à la fois glaçante et énigmatique, qui continue de diviser l’opinion.
Le ministre délégué chargé de la Gendarmerie nationale malgache y est allé de son interprétation quasi ésotérique : la principale suspecte serait la cousine de l’hôtesse de la fête. Elle aurait accepté de jouer le rôle de traiteur pour mieux exécuter sa vengeance, motivée par la mort passée de membres de sa propre famille, elle aussi par empoisonnement. Un détail présenté comme accablant : elle aurait interdit à son propre enfant de consommer les repas qu’elle-même avait préparés.
Mais un élément dérangeant brouille le récit : l’hôtesse de la fête, supposément visée par la vengeance, et sa mère n’ont souffert d’aucune conséquence grave. Ainsi, la vengeance n’est pas tout à fait accomplie, à moins que la cible ait été tout autre. Mais laquelle, parmi les 60 personnes présentes à la fête, dont la moitié était composée d’amis et de simples connaissances ?
Autre contradiction : les deux plantes incriminées ne sont pas des poisons obscurs importés en douce. Au contraire, le datura est couramment utilisé à Madagascar comme remède contre l’asthme, et même pour nettoyer les sols dans certaines écoles en remplacement de la cire. Quant à la belladone, elle ne serait autre que la brède morelle sauvage, connue dans les campagnes pour être comestible.
La question sur l’hôtesse de l’anniversaire, du nom de Fenohasina, malheureusement bottée en touche lors de l’intervention télévisée du président de la République, laisse aussi perplexe. Des informations concordantes indiquent qu’elle ne serait plus à Madagascar. Une autre jeune fille malade, empoisonnée dans cette affaire, aurait été prise pour cette hôtesse de l’anniversaire, et les parents de la première ont fini par révéler que leur fille n’est pas Fenohasina.
La procureure de la République du tribunal de première instance d’Antananarivo a pourtant déclaré que Fenohasina est toujours hospitalisée et que, malgré les enquêtes préliminaires qu’elle a déjà passées, elle ne pourra pas assister à l’enquête avant longtemps.



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