Mais aussi « un contexte de gravité et d’inquiétude compte tenu du contexte budgétaire national et des mesures inscrites dans le projet de loi de finances 2025 susceptibles d’impacter lourdement notre échelon », a insisté, ce mercredi 27 novembre, Cyrille Melchior, président du Département, lors de la session plénière relative au débat sur les orientations budgétaires en vue de la préparation du budget 2025 qui sera voté par les élus départementaux dans le courant du mois de décembre prochain. La France, dans le cadre de son PLF (Projet de loi des finances) actuellement examiné par le Parlement doit trouver 60 milliards d’euros d’économie. Tout le monde, à commencer évidemment les contribuables, est appelé à se serrer la ceinture. 5 milliards d’euros d’efforts budgétaires devraient être demandés aux collectivités dont 2 milliards uniquement aux Départements.
Ce budget 2025 de l’Etat n’étant pas encore voté, les Départements se retrouvent ainsi dans une incertitude pour boucler le leur. Raison pour laquelle, ce mercredi, lors du débat sur les orientations budgétaires 2025, Cyrille Melchior a parlé de « contexte financier contraint » pour le budget 2025. Rappelons que le budget du Département s’élève à 1, 327 milliard d’euros; La grande majorité des dépenses étant consacrée au social qui est la compétence principale du Département? Qu’en sera-t-il pour 2025 ? Mystère et boule de gomme pour le moment. La seule certitude, comme l’a rappelé, ce mercredi, le président Melchior c’est que les recettes diminuent alors que les dépenses augmentent.
« Le Département de La Réunion a bénéficié jusqu’à présent d’une bonne situation financière, les recettes et les dépenses ayant évolué à un rythme relativement proche, ce qui a permis de maintenir des niveaux d’épargne et d’endettement satisfaisants. Or, nos équilibres financiers évoluent actuellement sous l’effet de facteurs défavorables, indépendants de la gestion départementale. Nous subissons notamment une baisse très importante de nos droits de mutation immobiliers, mais aussi les mesures du projet de Loi de Finances pour 2025 comme le gel de la TVA. Ainsi, une baisse globale des recettes de fonctionnement départementales est à prévoir sur la période 2023-2025, ce qui est très problématique. Dans le même temps, le Département doit assumer une hausse de nos dépenses obligatoires, en partie là aussi sous l’effet de mesures nationales comme la hausse des cotisations CNRACL, le Ségur de la santé, etc. », a souligné le président du Département.
Avant d’ajouter : « de manière structurelle, le vieillissement de la population réunionnaise représente un véritable défi sociétal et financier de long terme pour notre collectivité. En effet, en 2050, les personnes âgées de plus de 60 ans représenteront 26% de la population réunionnaise, contre 16% actuellement. Ce vieillissement génère des coûts croissants, notamment via l’allocation personnalisée d’autonomie qui a augmenté de 10% ces 3 dernières années. Le défi financier est donc colossal pour soutenir et accompagner au mieux le bien-vieillir de nos aînés ».
« Poursuivre la mise en place des 10 ambitions de la mandature »
Pour autant, malgré ce « contexte financier contraint », Cyrille Melchior ne désespère pas. « Devant les élus réunis ce mercredi en plénière, il a rappelé avoir eu l’occasion de sensibiliser le Premier Ministre Michel Barnier sur cette question dès sa prise de fonction. « Lors de mon récent déplacement à Paris, j’ai pu échanger avec plusieurs interlocuteurs sur ce sujet, notamment Michel Cadot, ancien Préfet de la Région Île-de-France qui est actuellement Conseiller et principal collaborateur du Premier Ministre, assisté de Frédéric Joram, Chef du pôle Outre-Mer. Je me suis également entretenu avec Paul Christophe, Ministre des Solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les hommes et les femmes, avec le Ministre des Outre-mer, François Noël Buffet, avec la Ministre déléguée chargée de la famille et de la petite enfance, Agnès Canayer et avec Charlotte Parmentier-Lecocq, Ministre déléguée en charge des personnes en situation de handicap.
Nous espérons avoir été écoutés et entendus. Mais il apparaît clair que la construction de ce budget primitif 2025 nécessitera des efforts résolus d’optimisation et de priorisation de nos actions afin de sauvegarder la capacité du Département à agir au service de la population et du territoire réunionnais ».
Pour l’instant, il est sûr d’avoir été écouté. Reste à savoir maintenant s’il sera entendu. Aussi, Cyrille Melchior préfère « aborder l’année 2025 avec prudence et mesure » car, dit-il, » il est de notre responsabilité d’assurer une gestion saine et exemplaire des derniers publics ». Le Département ne perd pas de vue le cap qu’il s’est fixé, à savoir « poursuivre la mise en œuvre des 10 ambitions de la mandature » : renforcer l’accès aux droits et à répondre à l’urgence sociale; Accompagner les parents, protéger les enfants et favoriser la réussite; La protection et l’accompagnement des plus vulnérables, le maintien à domicile demeurera une priorité de la Collectivité; L’amélioration de l’habitat sera toujours fortement soutenue; La réussite des jeunes, en faire des citoyens; La souveraineté alimentaire; La mise en œuvre du plan radier et plus globalement des travaux d’aménagement de la voirie départementale; La préservation et la valorisation de nos ressources; Développer les échanges et la solidarité dans l’océan Indien et simplifier les démarches des publics relevant de la compétence départementale.
Le président Melchior a conclu son intervention en disant aux élus départementaux que « ces orientations budgétaires s’inscrivent sous le sceau de la continuité et de l’innovation, en réaffirmant avec force et conviction notre engagement à agir pour toujours davantage de solidarité et de bienveillance en faveur de la population, et pour le développement équilibré et durable de notre territoire ».
Rendez-vous dans le courant du mois de décembre pour le vote du budget 2025 !



Pour une fois un soupçon de fébrilité de ce président. Une larme d’émotion sera versée pour le soutenir. Cet apôtre de la bienveillance, soutenant sans retenue la macronie, a été diagnostiqué de macronitude aiguë. Nous proposons vite de lui renvoyer les suppositoires qu’il apprécie distribuer .
Bo