Deux ans après le transfert de la gestion du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) au Conseil Départemental, les jeunes agriculteurs de La Réunion tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Malgré l’ouverture des fiches actions, la validation de projets et la réalisation d’investissements sur le terrain, les demandes de paiement ne peuvent toujours pas être déposées. Cette situation, dénoncée par les professionnels, engendre un retard préoccupant dans le versement des aides, au moment même où les exploitations sont confrontées à de lourdes charges financières.
Les conséquences de ces dysfonctionnements sont graves. De nombreuses exploitations agricoles se retrouvent à bout de souffle, acculées par des trésoreries fragilisées, des dettes qui s’accumulent, et un stress financier permanent. Dans un contexte marqué par une envolée des coûts de production, le durcissement des normes réglementaires et des aléas climatiques récurrents, les aides européennes censées soutenir une agriculture plus durable se transforment en source de difficultés. Les agriculteurs dénoncent un paradoxe insupportable : des aides disponibles sur le papier mais inaccessibles dans les faits.
Face à cette impasse, le monde agricole formule plusieurs demandes. Il appelle à la mise en place d’un dispositif transitoire permettant de débloquer rapidement les demandes de paiement. Il réclame également un plan d’urgence pour accélérer le décaissement des dossiers les plus urgents, ainsi qu’une rencontre officielle avec le Département afin d’obtenir un calendrier clair et des garanties sur la suite du processus. Pour les agriculteurs, il n’est plus question d’attendre passivement.
La gestion du FEADER par le Département est censée se poursuivre jusqu’en 2027, mais les acteurs de la filière affirment qu’ils ne peuvent pas rester dans l’incertitude pendant encore trois années. Ils jugent les explications institutionnelles insuffisantes et les renvois de responsabilité entre administrations contre-productifs. Ce qu’ils attendent désormais, ce sont des solutions concrètes, en particulier pour les exploitants les plus exposés et pour les porteurs de projets qui souhaitent s’installer.
En l’absence de réponses rapides et tangibles, les représentants agricoles préviennent qu’ils passeront à une phase plus active de mobilisation. La situation actuelle, selon eux, ne peut plus durer, au risque de compromettre durablement l’avenir du secteur agricole réunionnais.


