Chikungunya : « Pourquoi la Réunion n’utilise pas sa propre innovation ? » interroge Eric Ferrère

2 min de lecture
3

Face à la progression continue de l’épidémie de chikungunya sur l’île, Éric Ferrère, maire des Avirons, prend la parole et appelle à une réaction rapide. Dans un communiqué publié ce vendredi, l’élu s’appuie sur les données les plus récentes – plus de 33 000 cas depuis le début de l’année – pour relancer le débat autour de la lutte contre les moustiques vecteurs. Il défend notamment une technologie mise au point localement, reposant sur la stérilisation des moustiques mâles, et s’interroge sur le « manque de mobilisation autour de cette solution déjà éprouvée ».

Voici son texte :

« Chikungunya à La Réunion : et si on faisait enfin appel au bon sens ?

Vous allez dire que je ne lâche pas le morceau. Mais peut-on vraiment se résigner quand l’évidence saute aux yeux, et que « l’inaction » coûte des vies ?

Depuis le début de l’année 2025, notre île subit de plein fouet une épidémie majeure de chikungunya : plus de 33 000 cas confirmés, 91 500 consultations médicales, et une tendance qui ne
faiblit pas. La semaine 14 à elle seule a enregistré 4 913 nouveaux cas et 19 600 consultations. Les formes graves se multiplient, frappant nos nourrissons, nos aînés, nos plus vulnérables.

Oui, un vaccin existe. Mais son coût, entre 150 et 250 euros, le rend inaccessible pour beaucoup.

Ajoutons à cela la réticence d’une partie de la population, et on comprend vite pourquoi la vaccination peine à décoller.

Et pourtant, une autre solution existe. Elle est efficace, écologique, testée ici même à La Réunion : la stérilisation des moustiques mâles. Mise au point par la société Terratis après 14 ans de
recherches menées avec l’IRD et le CIRAD ici même à la Réunion, cette technologie a fait ses preuves.

En 2021, sur une superficie d’une vingtaine d’hectares elle a permis de réduire de 90 % la population de moustiques tigres en deux ans. Sans insecticides. Sans pollution. Sans danger pour la
faune ou la santé humaine.

Depuis 2024, cette méthode est industrialisée en métropole. Plusieurs régions françaises s’y intéressent sérieusement. Et nous, à La Réunion ? Nous, à l’origine de cette avancée, restons
spectateurs d’une crise qui empire. Pourquoi ?

Pourquoi notre territoire, en première ligne face à l’épidémie, ne bénéficie-t-il pas de cette innovation ? Pourquoi ne pas importer dès maintenant ces moustiques stériles produits par Terratis et agir de façon décisive ?

Il ne s’agit pas d’un pari, mais d’une stratégie fondée sur des données scientifiques solides et sur des expériences internationales concluantes. Nous ne pouvons plus attendre encore 3 voire 4 années que quelqu’un se décide à produire ici après des études de rentabilité uniquement économiques.

Plusieurs décès encore ces derniers jours sur notre île. Cela suffit.

Il est temps de faire appel au bon sens. Il est temps que La Réunion récolte les fruits de ses propres avancées. Il est temps d’agir pour notre santé, pour notre avenir, et pour sortir enfin de ce cycle infernal d’épidémies. »

 

3 Commentaires

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Mamie chanceuse : elle a gagné le Freedomillion… deux fois ! (Podcast)

Article suivant

« Un marin, c’est pas un terrien ! » : un auditeur « recadre » les skippeurs de Free Dom (Podcast)

Free Dom