Le passage du cyclone Mélissa, qui vient de frapper la Jamaïque avec une intensité inédite (catégorie 5), rappelle avec violence que le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine. Après Chido et Garance, notre île doit se préparer à affronter, elle aussi, des phénomènes extrêmes liés à la hausse des températures de l’océan.
Conscients de cette urgence, 18 associations citoyennes réunionnaises ont interpellé, dès juin 2025, les élus de l’île afin d’intégrer pleinement la question climatique dans le futur Schéma d’Aménagement Régional (SAR 2050). Une première rencontre, le 9 octobre, avec Wilfrid Bertile et l’équipe régionale, a ouvert la voie à un dialogue prometteur : la voix des citoyens semble enfin entendue.
Mais le constat reste préoccupant. Tandis que l’État reconnaît la nécessité d’adapter la France à une hausse de +4 °C d’ici 2100, aucune commune réunionnaise n’a encore engagé de plan d’adaptation. Le collectif appelle donc à un sursaut collectif :
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réviser les plans d’urbanisme selon un scénario à +3 °C,
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protéger l’eau et la biodiversité avant le tourisme intensif,
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informer la population sur les risques réels,
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instaurer un moratoire sur l’urbanisation des terres agricoles.
La Réunion ne peut plus fonder son avenir sur une économie centrée sur le tourisme. Comme le rappelle Jean-François Hoarau, président de l’Université de La Réunion : « Une stratégie dépendante du tourisme international est trop risquée pour notre avenir. »
Aujourd’hui, le collectif appelle les maires et tous les Réunionnais à agir.
Interrogez vos élus : comment protéger nos côtes, notre eau, notre sécurité alimentaire ?
L’adaptation au changement climatique n’est pas une option : c’est une nécessité vitale pour préserver notre île et notre modèle de société.


