Le gouvernement a acté ce mercredi un remplacement stratégique à la tête de la représentation de l’État en Nouvelle-Calédonie, dans un contexte de stabilisation post-crise.
Un départ après deux années marquantes
Par décret en conseil des ministres, Louis Le Franc quittera ses fonctions de haut-commissairedans les prochaines semaines. Arrivé en 2023, il aura piloté la gestion de la crise de mai 2024 – épisode de violences urbaines sans précédent depuis les accords de Matignon – avec une fermeté saluée par Paris comme par les autorités locales.
« Son engagement pour la sécurité des Calédoniens et son dialogue constant avec les acteurs politiques ont permis d’éviter l’embrasement », souligne un collaborateur à Matignon.
Jacques Billant, un successeur expérimenté
Le nouveau haut-commissaire, Jacques Billant, actuel préfet du Pas-de-Calais, cumule une carrière atypique :
- Ancien militaire (Saint-Cyr, opérations extérieures)
- Expert des outre-mer : Préfet de Guadeloupe (2020-2022) puis de La Réunion (2022-2024)
- Connaisseur des terrains sensibles : Gestion des mouvements sociaux en Guadeloupe, crise migratoire dans le Calaisis
Atout clé : Sa maîtrise des dossiers sécuritaires et économiques, cruciaux pour la Nouvelle-Calédonie où les discussions sur l’avenir institutionnel reprendront fin 2025.
Défis à venir
- Apaisement politique : Relancer le dialogue entre indépendantistes et loyalistes
- Transition économique : Préparer l’après-nickel après la fermeture de l’usine du Sud
- Sécurité : Poursuivre le déploiement du plan « CNI Sécurité » lancé par L. Le Franc
Calendrier : La passation de pouvoir interviendra d’ici mi-juin, avant la réunion du comité des signataires des accords de Nouméa.
Réactions locales
- Sonia Backès (ex-secrétaire d’État) : « Un choix judicieux pour ce territoire complexe »
- Daniel Goa (UC-FLNKS) : « Nous attendons des actes concrets sur la réforme fiscale »


