Contrairement à l’idée longtemps répandue d’une innocuité du cannabis, une récente étude menée par la FDA américaine (Agence fédérale des médicaments) révèle que le cannabidiol (CBD) pourrait provoquer des dommages hépatiques. Les résultats, publiés dans JAMA Internal Medicine, soulignent que la consommation de CBD, même à court terme et à doses modérées, peut entraîner des élévations inquiétantes des enzymes du foie.
Au cours de cet essai clinique rigoureux mené en double aveugle sur 201 adultes en bonne santé, huit participants ayant consommé du CBD ont présenté des taux d’enzymes hépatiques au-delà du seuil de sécurité. Sept d’entre eux ont dû interrompre le traitement entre la troisième et la quatrième semaine. Après l’arrêt du CBD, les niveaux sont revenus à la normale, ce qui confirme un lien direct avec la substance.
Le CBD, issu du chanvre, ne contient pas de THC (le composé psychoactif du cannabis), et est largement utilisé sous forme de gommes, huiles ou comprimés pour soulager douleurs et anxiété. Mais l’efficacité réelle du produit reste controversée, et sa sécurité, notamment pour le foie, est désormais remise en question.
Les scientifiques rappellent que les lésions au foie peuvent évoluer sans symptômes visibles, rendant difficile leur détection sans examens sanguins réguliers. Fatigue, douleurs abdominales ou jaunissement de la peau peuvent survenir tardivement. Près de 5 % des participants à l’étude ont rempli les critères d’une atteinte hépatique médicamenteuse.
Alors que l’utilisation du CBD s’est largement banalisée – environ un Américain sur cinq en consommait en 2023, parfois à des doses élevées – les chercheurs de la FDA appellent à la prudence. Ce travail s’inscrit dans une volonté de renforcer la régulation autour des produits à base de CBD et d’alerter les consommateurs sur des risques méconnus.


