Bilan démographique 2024 à La Réunion : après deux décennies de stabilité, la fécondité recule

6 min de lecture
1

Au 1er janvier 2025, la population réunionnaise est estimée à 896 200 habitants. La croissance démographique ralentit en lien avec un solde naturel au plus bas.

En 2024, 11 820 bébés de mères domiciliées sur l’île sont nés, soit 1 050 de moins qu’en 2023.

Cette baisse de la natalité est principalement liée à un recul de la fécondité. Stable de 2000 à 2022, l’indicateur conjoncturel de fécondité diminue pour atteindre 2,12 enfants par femme en 2024, son plus faible niveau jamais mesuré.

En parallèle, les décès continuent d’augmenter et atteignent un niveau jamais observé depuis la départementalisation, hors crises sanitaires. Ainsi, 5 820 personnes résidant sur l’île sont décédées en 2024, soit 760 de plus qu’en 2019. La hausse des décès résulte du vieillissement de la population. L’espérance de vie recule légèrement par rapport à 2023, mais reste élevée : 84,1 ans pour les femmes et 78,5 ans pour les hommes.

Au 1er janvier 2025, la population réunionnaise est estimée à 896 200 habitants. La croissance démographique ralentit en lien avec un solde
naturel au plus bas.

En 2024, 11 820 bébés de mères domiciliées sur l’île sont nés, soit 1 050 de moins qu’en 2023. Cette baisse de la natalité est principalement liée à un recul de la fécondité. Stable de 2000 à 2022, l’indicateur conjoncturel de fécondité diminue pour atteindre 2,12 enfants par femme en 2024, son plus faible niveau jamais mesuré.

En parallèle, les décès continuent d’augmenter et atteignent un niveau jamais observé depuis la départementalisation, hors crises sanitaires.

Ainsi, 5 820 personnes résidant sur l’île sont décédées en 2024, soit 760 de plus qu’en 2019. La hausse des décès résulte du vieillissement de la
population. L’espérance de vie recule légèrement par rapport à 2023, mais reste élevée : 84,1 ans pour les femmes et 78,5 ans pour les hommes.

La population continue d’augmenter mais de manière ralentie

Au 1er janvier 2025, la population de La Réunion est estimée à 896 200 habitants (sources). En 10 ans, entre 2015 et 2025, elle croît de 5,3 % (figure 1), soit deux fois moins qu’entre 2005 et 2015 (+10,1 %). Cette croissance reste toutefois plus dynamique qu’au niveau national (+3,3 % entre 2015 et 2025).

Le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, continue de porter la croissance démographique réunionnaise. Il s’établit à +6 000 en 2024 (figure 2). En baisse régulière depuis 2012, il atteint en 2024 son plus bas niveau depuis la fin des années 1940.

Cette diminution résulte de l’effet combiné d’une baisse des naissances et d’une hausse des décès.

Quant au solde migratoire, différence entre les arrivées et les départs de l’île, il est déficitaire depuis le milieu des années 2010

Les Réunionnaises font moins d’enfants et accouchent plus tard

En 2024, la natalité connaît une baisse inédite : 11 820 bébés sont nés de mères domiciliées à La Réunion, soit 8,2 % de moins qu’en 2023. Cette baisse s’inscrit dans le recul de la natalité amorcée depuis 2013, mais elle est d’une ampleur inégalée depuis plus de 50 ans. C’est, par ailleurs, la première fois depuis le début des années 1980, que le nombre de naissances est inférieur à 12 000.

Le nombre de naissances dépend d’une part du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et d’autre part, de leur fécondité. Depuis quatre ans, le nombre de femmes de 15 à 50 ans se stabilise après avoir baissé sur la décennie 2010. La baisse plus marquée des naissances ces dernières années s’explique donc principalement par le recul de la fécondité.

En 2024, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) diminue à 2,12 enfants par femme, un niveau tout juste supérieur au seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme) (figure 3). Cette baisse confirme l’inflexion amorcée en 2022 et rompt avec la tendance observée depuis 2000, où l’ICF oscillait entre 2,36 et 2,51. En 2024, il atteint son plus faible niveau depuis que celui-ci est mesuré.

Au niveau national, la fécondité poursuit sa diminution entamée en 2010. L’ICF s’établit en 2024 à 1,59 enfant par femme dans l’Hexagone, un
niveau nettement inférieur à celui sur l’île.

À La Réunion, la baisse de la fécondité concerne toutes les tranches d’âges, mais davantage encore les âges où le taux de fécondité est le plus élevé. Ainsi, pour les femmes âgées de 25 à 34 ans, l’ICF baisse nettement, de 1,29 en 2019 à 1,14 en 2024.

Pour les plus jeunes, les 15-24 ans, la baisse de l’ICF se poursuit, de 0,88 en 1991 à 0,59 en 2019 puis 0,51 en 2024. La fécondité de ces femmes rejoint ainsi celle des 35-50 ans (0,47 enfant par femme en 2024).

Comme au niveau national, les mères réunionnaises d’aujourd’hui mettent leurs enfants au monde plus tard que leurs aînées. En 2024, l’âge conjoncturel moyen à l’accouchement poursuit sa hausse tendancielle et atteint 29,5 ans. Au début des années 1990, les mères réunionnaises accouchaient en moyenne à 27,6 ans. Malgré cette hausse, elles ont toujours leurs enfants plus tôt que les mères vivant dans l’Hexagone où l’âge moyen conjoncturel à la maternité s’élève à 31,2 ans.

Le nombre de décès augmente nettement en 2024

En 2024, 5 820 habitants de La Réunion sont décédés, soit nettement plus qu’en 2023 (+5,7 %). Hors crises sanitaires (Covid-19,  conséquences du cyclone de 1948…), le nombre de décès n’avait jamais été aussi élevé sur l’île depuis la départementalisation. Il est supérieur de 15 % à l’avant-crise sanitaire, en 2019.

Le vieillissement de la population explique la hausse de la mortalité en 2024.

La mortalité infantile reste élevée sur l’île. Entre 2020 et 2022, 6,6 enfants décèdent avant leur premier anniversaire pour 1 000 enfants nés vivants, soit près de deux fois plus que dans l’Hexagone (3,5 ‰). Ce constat pourrait être lié à des conditions socio-économiques moins favorables sur l’île, davantage de facteurs à risque pesant sur les grossesses et à une entrée plus tardive des femmes enceintes dans le parcours de santé prénatale.

En outre, la mortalité infantile ne baisse plus à La Réunion depuis le début des années 1990. Dans l’Hexagone, après un net recul au cours du vingtième siècle, elle ne diminue plus depuis 2005. Le taux de mortalité infantile augmente même légèrement depuis quelques années.

L’espérance de vie se replie légèrement mais reste élevée

En 2024, à La Réunion, l’espérance de vie à la naissance s’élève à 84,1 ans pour les femmes et à 78,5 ans pour les hommes en léger recul par rapport à l’année précédente (où elle était particulièrement haute). De 2010 à 2020, l’espérance de vie à la naissance augmentait chaque année en moyenne de 0,2 an pour les femmes et de 0,3 an pour les hommes. En 2021, du fait du surcroît de mortalité dû notamment à l’épidémie de Covid-19, l’espérance de vie avait reculé ; en 2022, elle était restée inférieure à son niveau de 2019 et elle avait fortement augmenté en 2023
(+2,1 ans pour les hommes, +1,2 an pour les femmes).

Dans l’Hexagone, l’espérance de vie à la naissance se stabilise à un niveau historiquement haut. Elle est supérieure de 1,6 an à celle des femmes et des hommes à La Réunion.

L’espérance de vie à la naissance croît globalement plus vite pour les hommes que pour les femmes, réduisant ainsi l’écart entre les deux sexes, qui s’établit à La Réunion à 5,6 ans en 2024 contre 7 ans en 2004. Cette progression est identique à celle observée dans l’Hexagone (5,6 ans contre 7,2 ans).

Trois Réunionnais sur dix ont moins de 20 ans

Au 1er janvier 2025, à La Réunion, 3 habitants sur 10 ont moins de 20 ans (figure 4). La Réunion est le troisième département le plus jeune de
France après Mayotte où 5 habitants sur 10 ont moins de 20 ans et la Guyane où c’est le cas de 4 habitants sur 10.

Néanmoins, la population réunionnaise vieillit : en 2025, pour 100 jeunes de moins de 20 ans, 56 seniors sont âgés d’au moins 65 ans, contre 21 en 2005.

Sur l’île, 141 000 personnes ont 65 ans ou plus en 2025, soit 16 % des Réunionnais contre 8 % il y a 20 ans. Le vieillissement de la population s’accélère avec l’arrivée à ces âges de générations nombreuses. Ainsi, les personnes d’au moins 75 ans représentent désormais 6 % de la population réunionnaise contre 3 % en 2005.

1 Commentaire

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

EDF : moins de 10 000 foyers restent privés d’électricité après Garance

Article suivant

Trafic de cocaïne : 2 mineurs interpellés au Port

Free Dom