Lors d’une session au Parlement européen, les eurodéputés du Rassemblement national (RN) ont déposé un amendement visant à supprimer l’interdiction de la vente des véhicules à essence et diesel prévue pour 2035. Cette disposition, au cœur du règlement européen (UE) 2019/631 relatif aux normes d’émission de CO₂ pour les voitures particulières et véhicules utilitaires neufs, fait partie des mesures emblématiques du Pacte vert européen.
L’amendement, identifié sous les références 3D/19D, a été porté notamment par la députée française Anne-Sophie Frigout, membre du groupe Identité et Démocratie (ID), auquel appartient le RN.
Une tentative rejetée
La proposition a été mise au vote en commission parlementaire. Le texte a été rejeté à la majorité, avec une opposition frontale des eurodéputés du groupe Renew Europe (auquel appartiennent les représentants de la majorité présidentielle française), ainsi que des groupes de la gauche et des écologistes.
En conséquence, l’interdiction de la vente des voitures thermiques en 2035 a été maintenue, conformément à la position initiale de la Commission européenne.
Une vision différente de la transition écologique
Les élus du Rassemblement national ont dénoncé ce rejet comme un soutien à « l’écologie punitive », et ont pointé une alliance entre ce qu’ils ont qualifié de « macronistes et extrême gauche ». Selon eux, cette décision méprise les réalités économiques de millions de foyers européens, contraints à une transition technologique qu’ils jugent inabordable.
Outre la suppression de l’échéance de 2035, l’amendement visait aussi à étendre la période de calcul des émissions excédentaires de trois à cinq ans, soit de 2025 à 2029.
Le débat autour de la fin des moteurs thermiques reste vif au sein de l’Union européenne. Cette session a illustré une nouvelle fois les fractures politiques entre les partisans d’une transition rapide et contraignante, et ceux qui défendent un modèle plus progressif, fondé sur le maintien de la liberté technologique.




